Neuf marquises sur dix qui posent problème ne souffrent pas d’un défaut de fabrication, mais d’une jonction ratée avec la façade. L’eau ne s’arrête pas au bord du vitrage : elle remonte par capillarité, s’infiltre derrière le solin et finit par ressortir à l’intérieur, au-dessus de la porte d’entrée.
Le solin, pièce maîtresse
La liaison entre la marquise et le mur doit être traitée par un solin en zinc ou en plomb, engravé dans la maçonnerie et non simplement collé en surface. Une engravure de trois à quatre centimètres, rebouchée au mortier de chaux sur bâti ancien, garantit que l’eau ruisselant sur la façade passe par-dessus la bavette et non derrière.
Le mastic seul ne tient jamais plus de quelques années : il se rétracte, se fissure et laisse un passage invisible depuis le sol.
La pente minimale
Une marquise plate est une marquise qui stagne. Comptez au minimum trois pour cent, soit trois centimètres de dénivelé par mètre, pour un vitrage lisse. En dessous, les salissures s’accumulent, les mousses s’installent dans les angles et la corrosion démarre aux points bas de la structure.
L’évacuation, à traiter comme une petite couverture
Une marquise de deux mètres sur un mètre reçoit plusieurs centaines de litres d’eau par an. Cette eau doit être collectée par une gouttière en rive basse et dirigée vers une descente, ou au minimum rejetée à l’écart du seuil. Sans cela, l’eau tombe en nappe devant la porte, gèle en hiver et dégrade le pied de façade en quelques saisons.
Les ancrages traversants
Sur une façade isolée par l’extérieur, la fixation d’une marquise traverse le complexe isolant. Chaque percement doit recevoir un manchon et un traitement d’étanchéité, faute de quoi on crée un pont thermique doublé d’un point d’infiltration. Sur un mur ancien en pierre, la fixation doit viser le matériau porteur et non le joint.
Le choix du vitrage
Le verre feuilleté de sécurité s’impose aujourd’hui, avec un intercalaire qui retient les éclats en cas de casse. Le polycarbonate alvéolaire coûte moins cher mais jaunit et se raye en cinq à dix ans. Sur une façade de caractère, une marquise en fer forgé avec vitrage feuilleté reste la solution qui vieillit le mieux, à condition que la structure ait été dimensionnée pour la surcharge. Marquise Fer fabrique sur relevé, ce qui permet d’adapter les sections à l’épaisseur réelle du vitrage retenu.
Entretien : deux visites par an
Au printemps et à l’automne, dégagez les feuilles et la mousse, vérifiez l’écoulement en versant un seau d’eau, et inspectez le solin à la jumelle depuis le sol. Un point de rouille traité à temps se règle avec un pinceau ; le même point laissé trois ans impose une dépose complète.
Un ouvrage de couvreur autant que de ferronnier
La structure relève de la ferronnerie, la jonction relève de la couverture. Les chantiers qui tiennent trente ans sont ceux où les deux métiers ont échangé avant la pose, et non ceux où le second passe réparer ce que le premier n’avait pas anticipé.